Suivre la course des nuages

Texte de Diane Regneault

Mise en scène de Michel Cerda et Diane Regneault


Avec Bénédicte Cerutti et Diane Regneault pour la création

puis Flore Taguiev et Diane Regneault pour la reprise


Création Sonore : Guillaume Callier

Scénographie : Morgane Baux


Pièce pour jardin en tout genre créée au Théâtre du Forum du Blanc-Mesnil, en partenariat avec la Compagnie Le Vardaman

Tournée CCAS

Spectacle conçu pour être joué en extérieur : soit dans des jardins ouvriers, soit dans des jardins privés, ou près d’un petit coin de verdure


Deux femmes organisent une tombola au profit d’une association pour la sauvegarde des jardins.

Des enveloppes sont distribuées aux spectateurs, le jeu peut commencer. On tire un premier numéro. Aucun spectateur ne gagne. On tire un autre numéro, le lot a déjà été dérobé au début du spectacle par une des organisatrices.

Quand enfin, quelqu’un parmi le public lève la main pour réclamer son lot, on lui remet un vieux bidon en plastique suintant d’un jus noir écoeurant : du jus de limace.

Dans cette loterie, n’est à gagner que l’inutile, l’étrange voire le repoussant. Des pets de rose, des épluchures de légumes, des os…

Chacun de ses lots ou presque a une histoire, chaque histoire donne lieu à une saynète.


Théâtre de plateau et théâtre de texte dialoguent et jouent ensemble.

Il y a l’espace de la tombola : une planche, deux tréteaux, un bric-à-brac, c’est le lieu où l’on improvise les personnages :

Marie-Hélène, femme de bonne famille, bourgeoise catholique on peut le soupçonner ; elle a de belles manières, des phrases bien formulées,

Natacha, jeune femme triviale malgré elle, peu familiarisée avec la langue française, probablement d’origine polonaise.

L’une est plutôt guindée, l’autre ne fait pas de manières, l’une a des petits gestes précis, l’autre de grands mouvements extravagants, l’une sur-articule, l’autre parle entre ses dents, l’une sourit, l’autre râle… Parfois les rôles s’inversent. On assiste à des farces, des quiproquos, des disputes et des réconciliations.


Et puis il y a l’espace du théâtre dans le théâtre : Marie-Hélène et Natacha se transforment en d’autres personnages : deux religieuses, deux sœurs, deux femmes mortes… qui vivent toutes dans des jardins : le jardin du cloître où l’on souffre de gaz intestinaux, le jardin potager où l’on cultive son passé en y déterrant des ossements, le jardin d’Eden où l’on s’ennuie à essayer de trouver la beauté éternelle…


Le spectacle reflète la géographie du jardin ouvrier : des parcelles, côte à côte, où se mélangent les fleurs, et les fruits, les légumes, les arbustes ; la beauté des plantes et la ténacité de la terre grouillant de vers et de matières en putréfaction. Le jardin, lieu de vie et de mort à la fois, symbole du renouvellement permanent où sont visibles les saisons.


On plaisante l’utopie du jardin en même temps qu’on la célèbre.

On se moque des cadeaux encombrants proposés en permanence pour inciter à la dépense.

On retrouve le plaisir des anciens duos burlesques.

On s’amuse avec les mots, des expressions sont mises en jeu, la langue nous met en scène.

On chante, on pouffe de ne pas chanter tout à fait juste.

On rit, on rit beaucoup, et c’est tant mieux. Le plein air nous vivifie.

On ne pense qu’à jouer.